Vous ouvrez votre logiciel métier. Vous retrouvez le même dossier, les mêmes champs, la même manipulation un peu absurde : copier cinq informations dans un tableau ; vérifier qu’un montant correspond à celui d’un autre écran ; tout ça pour reconstituer un export que le logiciel ne propose pas nativement.

Vous avez peut-être demandé cette fonction à l’éditeur. La demande attend, parce qu’il doit arbitrer entre les besoins de nombreux clients.

Et si une extension Chrome permettait d’ajouter la fonction manquante sans attendre ?

Ajouter une fonction là où l’on travaille déjà



Pour que cela fonctionne, il faut que l’outil concerné s’utilise dans un navigateur web. C’est le cas de nombreux logiciels métiers : CRM, portails fournisseurs, outils de gestion ou de publication. Leurs écrans sont des pages web, auxquelles une extension peut ajouter des fonctions. Nous parlons ici de Chrome ; les navigateurs construits sur la même base, comme Edge ou Brave, acceptent les mêmes extensions.

Une extension est un petit programme installé dans le navigateur. Vous en utilisez peut-être déjà quelques-unes pour gérer vos mots de passe ou corriger votre orthographe. Le même principe permet d’ajouter des fonctions à vos outils métiers du quotidien.

Une extension déclare à l’installation les sites sur lesquels elle a le droit d’agir. Sur ces pages, elle peut lire des informations et modifier ce qui s’affiche : ajouter un bouton, surligner une différence, présenter un résultat à côté d’un champ. C’est un fonctionnement prévu par Chrome. L’extension intervient dans votre navigateur, sans modifier le logiciel côté éditeur.

Imaginons un portail fournisseur où vous vérifiez toujours les mêmes données avant de valider un dossier. Une extension pourrait repérer les champs concernés, appliquer vos règles de contrôle et afficher les anomalies. Vous garderiez la décision finale, avec du temps gagné à chaque dossier.

Pourquoi ce petit format peut débloquer un vieux problème



Ces besoins sont souvent anciens et de petite taille : extraire les lignes d’un tableau, préparer une saisie, comparer deux informations. Trop spécifiques pour la feuille de route de l’éditeur, trop petits pour justifier un projet informatique, ils restaient sans réponse. Le coût de fabrication d’un petit programme a nettement baissé avec l’IA, et une fonction de cette taille devient un projet que l’on peut décrire, tester et faire évoluer.

Le vibe coding facilite sa fabrication. On s’adresse à une IA de code, c’est-à-dire un assistant qui écrit des programmes à partir de consignes rédigées en français. On lui explique ce qui se fait aujourd’hui à la main, on lui montre le résultat attendu et elle écrit une première version. On l’essaie, puis on précise : « Ce champ peut être vide », « Il faut garder les zéros au début de cette référence », « Je veux vérifier avant d’envoyer ». Le programme s’améliore à partir de ces retours.

L’IA sert ici à écrire le programme. Une fois fabriquée, l’extension peut très bien fonctionner sans aucune IA, avec des règles fixes qui donnent toujours le même résultat.

Qui tient le rôle du fabricant ? Pour un besoin simple, une personne du métier à l’aise avec les outils numériques peut s’en charger. Dès que l’outil touche des données sensibles ou doit être diffusé à une équipe, mieux vaut un cadre technique et un accompagnement, comme dans le cas client Angie.

Une fois le préalable du navigateur rempli, trois critères font un bon premier cas :

•  une tâche fréquente ;

•  des données accessibles à l’écran ;

•  et un résultat que l’on sait vérifier.

Côté données, l’extension voit ce que l’utilisateur connecté voit déjà, rien de plus. Elle ne donne aucun droit supplémentaire. Selon le besoin, elle effectue le traitement sur l’ordinateur ou envoie des informations à un service extérieur ; dans ce second cas, des données sortent de l’entreprise, ce qui se décide dès la conception avec les règles de sécurité adaptées.

Une petite histoire de boucles



Mon propre irritant n’était pas vraiment stratégique, mais néanmoins gênant : j’ai les cheveux bouclés. Pour afficher un fond virtuel, Google Meet découpe ma silhouette dans l’image, et ce découpage gère mal les boucles. Avec le fond corporate, mes mèches libres devenaient un casque étriqué. Je choisissais le fond. Google Meet choisissait ma coupe.

J’ai donc fabriqué Hairkam, une extension qui améliore le détourage de la vidéo dans Meet. Une journée de développement, essais et préparation de la publication compris. Tout le traitement de l’image se fait sur l’ordinateur, et la vidéo n’est envoyée à aucun service supplémentaire. En contrepartie, il faut une machine relativement puissante pour que cela fonctionne bien.

Comparaison du détourage vidéo avant et après l’utilisation de l’extension Hairkam.
On peut enfin être corporate ET bouclé
👉 Découvrir Hairkam sur le Chrome Web Store

L’anecdote illustre le principe : partir d’un défaut précis dans un outil existant, aussi imposant soit-il, puis fabriquer le petit complément qui le corrige.

Du premier essai à l’usage quotidien



Une extension doit être essayée sur plusieurs situations réelles : une page qui charge lentement, une donnée absente, un écran qui ne s’affiche pas de la même façon d’un dossier à l’autre. Pour Hairkam, il fallait aussi varier la lumière, les mouvements et les machines.

Il faut ensuite prévoir son installation et son entretien. Une extension peut être publiée sur le Chrome Web Store, en accès public ou restreint, ou déployée par un service informatique sur les postes concernés. Si l’éditeur change une page du logiciel « étendu », un champ peut devenir introuvable pour l’extension. Avoir la maîtrise du code, des exemples de test et une personne capable de faire évoluer l’outil permet de traiter ces changements facilement.

Le bon point de départ tient en une phrase : « Dans cet outil web, nous refaisons cette manipulation chaque semaine, et voici le résultat que nous voudrions obtenir. » Vous avez probablement déjà un exemple en tête.